16/03/2010

Un bal de crânes au Musée Maillol ; Vanités, C'est la vie !


Ôde à la vie ou clin d'oeil à la mort, le crâne humain et autres représentations squelettiques sont une inépuisable source d'inspiration pour les artistes de tous temps. Jusqu'au 28 juin 2010, le musée Maillol réunit une magnifique collection d'œuvres retraçant l'histoire d'une catégorie de nature morte qui rencontre un grand succès au XVIIe siècle : les vanités. Histoire de faire passer le message que tout ce qui fait partie de notre vie est bien futile : la beauté, le savoir, la nourriture... Tout cela finit par disparaître, seule la mort ayant le dernier mot.

Cette exposition est très intéressante, à la fois d'un point de vue historique, que d'un point de vue artistique.
L'ensemble est bien conçu, les textes assez rares, mais les œuvres parlent d'elles-mêmes. Le parcours est conçu tel que le visiteur remonte le temps : les œuvres contemporaines sont d'abord présentées au rez-de-chaussée, dans des salles spacieuses et lumineuses pour la peinture et la sculpture, avec une mention spéciale pour la tentative de présenter un cabinet de curiosité actuel dont le thème serait les vanités, mêlant toutes sortes d'objets à la fois modernes et anciens (de magnifiques cannes sculptées des 19 et 20e siècles, des crânes académiques inscrits ou incrustés d'une horloge...), puis au deuxième étage dans des salles plus closes, avec de beaux crânes en toutes matières (mouches, cendres...).
Au passage on peut jeter un œil aux sculptures et peintures d'Aristide Maillol (dont la plupart des œuvres sont dissimulées sous d'épais rideaux à l'occasion de l'exposition...).
Enfin au premier étage le parcours évoque les antécédents de cette vague moderne de regain d'intérêt pour les vanités : la source d'origine au Moyen Âge avec les danses macabres, puis leur grande popularité dans les toiles du XVIIe et du XVIIIe siècles, avec de grands maîtres tels que Le Caravage, Georges de la Tour ou Théodore Géricault, et puis le thème repris par les "modernes" tels que Buffet, Picasso ou encore Cézanne...

Une exposition bien vivante sur un thème qui nous ramène à toutes nos craintes liées à la mort et à la grande absurdité de nos vies.

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